
Point Hebdo du 30/09/2024
Point de marché du 30/09/2024 : le grand retour de la Chine
Les annonces de la Banque Populaire de Chine mardi dernier ont subitement changé la donne provoquant en quelques heures un rare regain d’optimisme sur les marchés, européens notamment.
En Allemagne, le DAX s’est adjugé une reprise de 4%, alimentée par les valeurs industrielles exportatrices, suivi par le CAC40, en hausse de 3,9%, dopé par les valeurs du luxe.
Quelle crédibilité donner aux espoirs de relance chinoise ? La réponse est incertaine. S’il fait peu de doutes que les mesures de soutien monétaire devraient soulager les particuliers endettés et permettre de stabiliser le marché immobilier, la suite reste à écrire.
Critiqué par le caractère trop timoré de sa politique budgétaire, le gouvernement chinois prépare un programme de soutien ciblé en faveur des ménages. L’ensemble peut-il être suffisant pour refaire du pays la locomotive de la croissance mondiale, et sur quelles bases ?
La Chine de 2024 n’est plus celle de 2009 qui avait répondu dans des proportions inédites au programme de relance de l’époque, entraînant dans son sillage l’industrie mondiale et la demande de matières premières dont ont bénéficié plusieurs années durant les pays émergents dans leur globalité.
- Les moyens du gouvernement chinois sont sans commune mesure aujourd’hui avec ceux de l’époque lorsqu’il avait mobilisé 14% du PIB pour accélérer le rattrapage domestique du pays.
- Le développement de ses infrastructures est largement avancé voire excessif après des programmes de soutien répétés. Le taux d’équipement des ménages en automobile a atteint son rythme de croisière et le marché profite de moins en moins aux producteurs étrangers, comme cela avait été le cas au cours de la première moitié des années 2010.
- De même la dépendance de la Chine aux importations de biens d’équipement, sur laquelle avaient surfé les exportateurs allemands, s’est considérablement réduite.
- Enfin, le protectionnisme s’est développé et les relations commerciales du pays se sont sensiblement dégradées, tant à l’égard des États-Unis que de nombreux autres pays.
Dans ce contexte, les retombées positives susceptibles de venir de Chine sont loin d'être évidentes quand, par ailleurs, un surcroît de demande en provenance de l’Empire du Milieu pourrait, sans tarder, s’accompagner d’un vif regain de tensions sur la demande, les prix des matières premières et, donc, de l'inflation. C’est sans doute sur ce dernier front qu’il va falloir, dorénavant, avoir les yeux rivés comme nous l’indique avec insistance l’envolée des cours de l’or ces derniers temps.